Merci à Arno de ce
long et intéressant récit !
Nous partons samedi 5 décembre à 16h00 avec Thierry, président bien connu, qui me coachera lors de cette course qui est pour nous deux inconnue. Arrivée vers 19 h 30 au gymnase du Perray en
Yvelines, lieu central de la course qui servira plus tard dans la nuit de dortoir, de ravitaillement, et de lieu d’arrivée.
J’avoue que j’arrive dans la région avec des aprioris, je me dis « un trail à Paris, cela ne doit pas être si compliqué que ça pour nous, les morvandiaux habitués aux buttes et coup de cul. De plus, lors de la remise des dossards, on peut observer que certains, voir beaucoup, ne semblent pas être des « traileurs » comme nous. Il est vrai que quelques comportements ou dégaines peuvent faire sourire, mais bon, on verra bien une fois parti.
Un dernier bout de « savane » et je me rends sur le lieu de départ à environ 500 mètres de notre position. Je ne cours même pas, en me disant que de toute façon, le placement de départ n’aura que peu d’incidence sur le résultat final. Thierry m’accompagne, puis, je lui dis qu’on se reverra dans environ 10 heures (encore une fois trop ambitieux).
22 heures, çà y’est, c’est parti à environ 10 km/h à travers une zone pavillonnaire de banlieue (vous imaginez !!) pendant 4 km et enfin nous arrivons à la lisière d’un bois qui sera notre terrain de jeu pendant toute la nuit. Cela coince un peu car les sentiers sont étroits et les pièges nombreux dans cette forêt recouverte de feuilles. Je suis prudent car après tout, le temps m’importe peu, même si je suis quand même comme beaucoup d’entre nous, compétiteur. Je suis venu chercher 2 points qui me manquent pour prétendre à l’UTMB 2010 donc mon objectif principal est FINIR avant les barrières horaires qui seront, par la suite, repoussées
Cette première partie n’est pas trop technique et ne comporte pas trop de dénivelé (600 m).
Kilomètre 29 et fin de la première boucle en 3 h 50, j’arrive au gymnase pour me ravitailler, je prends 2 soupes, Thierry me change les piles de ma frontale, 2 verres de coca, des tucs et deux barres de céréales et je repars après un arrêt de 9 minutes. Nous allons y voir plus clair car la petite course est terminée. Nous allons être entre nous. Thierry m’informe que je suis en 40ème position sur 300 partants. Je repars et quitte un environnement chaud et rassurant pour un autre, humide et moins accueillant. La deuxième boucle est annoncée beaucoup plus cassante (23 km et 1000 m de dénivelé +). En effet, je n’imaginais pas trouver des coups de cul aussi prononcés dans cette région qui entre nous, ne m’attire pas beaucoup. Des successions de talus avec des descentes techniques surtout la nuit ont pour effet de faire une sélection parmi les bipèdes pas préparés à ce genre de course. Heureusement pour moi, ED SPORT est là et Manu à encore une fois bien fait son boulot. J’apprécie cette partie car je vois beaucoup de gens qui mettent le clignotant alors que moi, je me sens fort et j’ai envie d’accélérer. Je me raisonne et me dis que la course commence seulement (merci Riquet et Merguez de ces conseils). Des passages un peu chauds nous sont proposés. Il faut sauter des rigoles (d’où le nom de la course) plus ou moins larges et très souvent on finit les 2 pieds dedans inondé jusqu’aux genoux.
Puis vient la fin de la deuxième boucle après 4 h 15 et environ 8 heures de course, retour au gymnase. Il est 6 heures du mat et 25 km m’attendent encore. Thierry est couché dans ma voiture. J’aperçois sa tête qui dépasse du duvet et décide, après une petite hésitation, de le laisser dormir tranquillement (c’est lui qui va conduire pour rentrer donc il doit être en forme.) Je décide d’écourter l’arrêt car plusieurs coureurs ne peuvent repartir et semblent un peu à l’agonie. De toute façon, l’idée de m’arrêter ne m’effleure même pas l’esprit, je sais pourquoi je suis là. La personne qui pointe les coureurs à la sortie de la salle m’annonce que seulement une quarantaine de personnes sont repartis sur la dernière boucle et que les organisateurs sont en train de discuter pour repousser les barrières horaires. Pas de souci pour moi, j’ai 1h30 d’avance sur celles-ci.
Je me dis que c’est bientôt fini et là, je commets une grosse erreur car 25 km, même avec un dénivelé peu important (200 m +), c’est encore long, surtout après 50 km et 8 heures de course. Cette dernière boucle va me sembler interminable car je ne vais voir qu’un ou deux coureurs au maximum pendant 3 heures. Le parcours ne présentent pas de difficultés majeures sinon celle d’être une fin de course. Petit coup de mou au 60ème vite effacé grâce à mes images positives (ça, c’est privé) et à un petit km de marche réparatrice.
Vers 9h30 du matin, au bout de 11 h30 de course, j’aperçois mon ange gardien et pote, Thierry, qui m’attend pour terminer avec moi le dernier km (j’espère qu’il en sera de même fin août à Chamonix). Mes deux points dans la poche, l’éternel maillot de finisher, une bonne douche, un bon p’tit déj et retour dans notre Morvan avec, il est vrai, une envie certaine de vomir du côté de Gien. Les paysages morvandiaux remettront finalement mon estomac en place (c’est souvent le contraire qui se passe).
Ce que je vais retenir de ce week-end est la bonne organisation de l’équipe ainsi que leur gentillesse (le speaker a tout de même dit que les 100 km du Morvan était le meilleur de France), qu’il faut que j’investisse dans une frontale digne de ce nom, que j’avais peut-être un peu sous-estimé cette course (300 partants et seulement 95 classés dans les délais soit presque 70 % hors délais ou abandons.) Cela s’explique aussi par le fait que beaucoup de personnes ne sont absolument pas préparées pour partir sur ce genre de course et qu’au bout de 3-4 heures, plein d’abandons avaient déjà eu lieu. Manu, tu devrais faire un stand l’année prochaine, t’aurais surement des clients !!!!!!!!!!!!!!
Content tout de même, car apparemment, c’était la dernière fois que ce trail avait lieu de nuit car selon l’ONF, les coureurs dérangent les habitants de la forêt. Moi, perso, je n’ai vu que des cannettes, des bouts de tôles et autres détritus malheureusement habituels aussi chez nous.
Prochaine course, le trail blanc du Sancy, fin janvier toujours avec Thierry et son estomac en coton. La route de l’UTMB commence à se dégager. Plus que l’obstacle
des inscriptions. Et là, je ne peux malheureusement pas tout maîtriser, à suivre…
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