Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /2009 15:19

Merci à Arno de ce texte et à Thierry de son complément.
Pour afficher l'article du Journal du Centre, cliquez ICI 

 



Vendredi 23 octobre 2009 :

Arrivée à Nant (Aveyron) vers 19 h 00. Dommage, le salon du trail vient de fermer ses portes,  je récupèrerai mon dossard ainsi que celui de mon pote, Thierry, demain. Je passe voir les arrivées de l’ultra endurance (110 km). Les finishers que je vois en sont à 17 h de course. Je rêve et me dit qu’un jour, je serai avec eux.

 

Samedi 24 octobre 2009 :

Je retire les dossards et fais un petit tour du salon. Ensuite, j’assiste, dans la journée aux différentes courses qui sont proposées dans le cadre du festival des Templiers. Plus tard, j’accueille Thierry et toutes ses femmes pour ce qui va être une soirée tranquille et arrosée de nos féculents préférés.

 

Dimanche 25 octobre :

LE GRAND JOUR

Debout à 3 h pour les derniers préparatifs et un petit déjeuner qui pour la première fois à du mal à passer.

 

Départ à 5 h 15 accompagné d’Era, musique mythique de la course et plein de fumigènes roses qui éclairent le village de Nant, déjà réveillé, depuis plus de 2 heures. Nous sommes 2800 trailers partis pour un beau voyage dans Les Causses avec chacun un objectif différent. Le mien sera de finir, le mieux possible, avec dans un coin de ma tête, malgré tout la barre des 10 heures.

 

Les 5 premiers km sont très dangereux car il est facile de s’emballer et de partir à des vitesses peu raisonnables pour la suite. Un grand merci à Mr Garmin qui était réglé sur 10 km/h et qui n’arrêtait pas de me rappeler à l’ordre. Nous arrivons rapidement au 15ème km avec seulement un peu d’eau et une grosse dose d’encouragements de la part des nombreux spectateurs malgré l’heure (6 h 30). Les km défilent et tout va bien pour moi, pas de douleur, heureux d’être là et d’en  prendre plein les yeux dans ces paysages hors du temps. J’arrive au premier gros ravito (35 km) en un peu moins de 5 h, et oui, pas une grosse moyenne !!! Là, je m’alimente correctement et repars au bout de 10 mn de pause.

Les premiers abandons arrivent et pour certains, le week-end se transforme en grosse galère (fallait choisir ED Sport pour la prépa).

Trèves de plaisanterie, la course va vraiment commencée et les premières douleurs aux quadriceps vont venir me rendre une petite visite. J’arrive au marathon en à peu près 6 h (pas une grosse moyenne diront les connaisseurs) et psychologiquement, j’en prends un coup, j’essaye de me raccrocher à des choses agréables et relativise ma « souffrance » en pensant à ceux qui autour de nous souffrent de maladie. Moi, j’ai choisi d’être là et youpi, c’est reparti !!!!!!  Plus j’avance dans la course, plus je vois des concurrents sur la touche et je me dis que mes sorties dans le Morvan ont servi à quelque chose. J’entends à la radio d’un bénévole que le premier vient de boucler la distance et moi, il me reste encore au moins 20 bornes à faire. La course se déroule et curieusement, les heures défilent très rapidement et même, maintenant, j’ai l’impression d’avoir été pendant un moment dans un trou noir où j’avais perdu la notion du temps. Sensation difficile à comprendre, je vous l’accorde, mais j’ai vraiment ressenti cela. Bref, au dernier ravito (à 8 km de la fin), j’aperçois Thierry qui ne me semble pas au mieux, les problèmes gastriques sont de retours. L’idée d’abandonner lui traverse l’esprit mais ses proches et moi le persuadons de terminer cette aventure, même, dans la souffrance. Je décide de l’accompagner jusqu’au bout pour partager cette galère avec lui. Je lui dois bien ça, c’est un peu grâce à lui que je suis là.

 

Nous entendons le speaker au loin en train d’annoncer les différents podiums et au fur et à mesure, un sentiment de joie, mais aussi de vide m’envahi. Content de faire parti des finishers mais déçu que l’aventure soit déjà finie. Mon corps souffre mais mon esprit veut encore voyager dans ses contrées (bien fait, j’avais qu’à faire l’endurance ultra).

 

Ca y’est, je suis un TEMPLIER, heureux, un peu fier tout de même, mais surtout très humble. Je ne me sens pas héros, d’autres le font pour moi, mais ce moment m’appartient et je l’apprécie pleinement (dommage que je ne peux le partager avec ma famille restée à la maison).  Thierry fini malgré tout (peut-être vous expliquera t-il  son aventure, en tout cas, cela lui appartient). Je suis content pour lui qu’il ait pu aller tout de même au bout.

Pour résumer, ce week-end a été riche en enseignements pour le futur. Le mythe qui plane au-dessus de cette course est, à mon sens, justifié. Les paysages sont magnifiques, l’accueil est exceptionnel, les villages traversés ressemblent à une étape du tour de France avec des gens partout qui crient nos prénoms visibles sur nos dossards, les ravitos très complets (j’ai pu goûter la spécialité locale, le pain d’épice arrosé de roquefort, un délice.) 

Pour ma part, il me reste à renforcer encore mes quadriceps (j’accepte tous les conseils)  pour apprécier encore plus mes courses futures avec je l’espère un UTMB l’année prochaine.

Merci encore à Manu (ED Sport) pour ses entraînements pertinents et intéressants,  à mes 3 femmes pour « endurer « mes sorties au quotidien et à mon pote qui doit être en train de sillonner le sud de la France avec toute sa famille et sa belle maison roulante. Vivement la prochaine…

Juste pour l’anecdote, je termine en 11h15 en 999ème position.

Dommage, je n’ai pas de photos de notre périple !!!!!!!!!!!!


Et voici le complément de Thierry sur cette course :

Si j'avais juste un petit truc à rajouter, ce serait vraiment de remercier Arno qui m'a attendu alors que j'étais en train de "vomir" pour la 7ème fois (j'aurai un nouveau souci un peu plus tard), complètement démoralisé, en train de subir complètement !!!

Il aurait pu se contenter de me dire "allez vas-y, courage" et lui même y aller tout seul.

C'est certain je ne saurai pas ressorti de mon fossé.

En fait, il a su trouver les mots "le chrono on s'en fout je te laisse pas là à moins de 10 km de la fin. On finit tous les deux... même si on doit mettre deux heures pour faire les 8 kil", etc., etc.

J'ai alors ce que l'on appelle débranché mon (petit) cerveau et l'ai suivi pas à pas dans la terrible montée du « Roc Nantais" pour finir avec lui... Il voulait même me laisser passer devant lui sous la ligne d'arrivée. Alors il a beau dire qu'il me doit bien ça, ayant contribué à lui faire découvrir sa nouvelle passion sportive pour laquelle incontestablement il est fait.

C'est peut être un peu vrai... mais surtout il est à mes yeux - en plus de l'ami que j'avais déjà - l'incarnation de l'esprit trail : la solidarité et l'humilité (ô combien perceptible à travers son article)...car comme le diraient tous les centbornards et coureurs d'ultra de MO2 et d'ailleurs : après un certain niveau de galère et de souffrance, l'Homme est à nu et se révèle pleinement. Il ne peut plus "tricher", paraitre, il est LUI et lui seul, sans artifice... pour le pire et le meilleur.

Incontestablement, pour Arno, le meilleur l'emporte de très loin...

 

Voici le lien vers la très belle vidéo réalisée par l’équipe de RunInLive-VO2 :

http://www.runinlive.com/999/video.html?idVideo=124

Par Morvan Oxygène - Publié dans : Courses
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés